• L'Armoire à Tupperware

     

     

    L'Amoire à Tupperware

     

     

    Lentement j'ai remonté la pente du jour ,comme un marathonien sur le retour qui se fatigue bien plus vite qu'avant. Forte de mon expérience j'ai su garder le rythme qui avait toujours été le mien pendant plusieurs années . Puis une halte. Une longue halte. Tout en gardant un cap de peine et de misères. Un endroit où il n'y a que  peu de rêves.

     

    Puis un matin, sans trop savoir ni comment ni pourquoi, une brèche: dans l’engourdissement. Oh! Il y en avait toujours eu une. Mais ce matin là, la couleur avait changé. Je ne voyais plus la vie comme un film, mais comme une invitation. Une invitation officielle à en faire partie. La brume s'est estompée, les couleurs ravivées , j'ai entendu les sons. Au début , c'était comme si on me parlait dans un grand tuyau, et j'ai entendu: j'ai besoin de toi. Seul je n'y arriverai pas.

     

    Beaucoup d’événements ce sont passés depuis ce jour là. Le goût du combat pour sa propre vie entre autre . Pour certains et certaines il est plus fort que chez d'autres.

     

    Tant de changements.

     

    Mais on reste les mêmes. Dans nos pas.

     

    On m'a appris que ce qui nous arrive, arrive à tout le monde. Cancer...? t'es pas le seul! Deuil ….t'es pas le seul! Pauvreté...? Pas le seul. Pertes...? Loin d'être le seul. Mais quand c'est toi qui le vit, t'es seul. « Pis on m,a dit : serre les poings pis fam ta gueule. » Quelques chanceux et chanceuses seront entourés un peu , parfois, beaucoup ou pas du tout:  Peu pour moi. Comme certains autres.

     

    La vie est un sac à dos. Que l'on remplit de nos expériences. De certaines on apprend. Certaines autres devront être refaites, car l'apprentissage est aride. On n'y arrive pas. On ne veut pas. On prend le même chemin, en espérant trouver une nouvelle adresse.

     

    On dit que l'être humain est le seul à refaire sans cesse les mêmes erreurs en espérant des résultats différents. Il m'a fallut souvent changer de méthodes. Mais on ne se refait pas. L'apprentissage est parfois facile parfois ardu.

     

    S’obstiner pour des niaiseries. Essayer de convaincre de qui l'on est en espérant que les mêmes bouchés (comprendre les personnes fermées à tout autre opinion que la leur), changeront d'avis sur notre compte. Aimer des personnes qui ne nous aiment pas. Essayer de faire comprendre que l'on ne méritait pas les lésions infligées quand l'autre le justifie avec une liste longue comme c'est pas possible. Vouloir faire parti du rêve de quelqu'un alors qu'on nous fait sentir que l'on en est probablement plus proche du cauchemar. Faire des efforts dans des situations où l'on devrait partir en courant dans le sens contraire. Montrer le grand trou dedans , la plaie béante qu'on nous fait et voir l'autre y planté un couteau sans ménagement ou simplement demeurer indifférent. Alors qu'on espérait tellement  autre chose. Un peu de tendresse, un peu de compassion. Un peu d'amour. Beaucoup en fait. Parce que sois- même on ne prend que ce que l'on offre . Parce qu'on aime tant qu'on ne sait plus comment offrir cet amour qu'on nous refuse. Parce que tout notre être ne peut faire autrement.

     

    On a beau apporter le meilleur de soi. Certaines personnes nous ferons toujours sentir que cela n'est pas assez . A leurs yeux.

    On nous dira : qu'on est une personne ordinaire et que même avec extra c'est pas assez, que ce n'est pas pour soi : Et parce qu'elles ont un pouvoir grand des sentiments qu'on leur porte, ou parce qu'elles ont un pouvoir de décision sur notre vie (par ex. le travail-les sous-les revenus-la survie donc...) , on a peur.

    Peur de perdre ce que l'on veut tant. Au  lieu d'aller voir ailleurs, si autre chose existe de mieux pour nous. On reste là... on travaille pour un résultat différent. Mais avec les mêmes outils aux mêmes endroits et avec la même sorte de gens. Parce qu'on y croit et qu'on a la foi de la sincérité.

     

    Des gens qui m'ont aidé. Y en a . Pas beaucoup . Mais combien significatives. Des personnes sans qui j'y serais pas arrivée: enfin pour un temps. Mon erreur aura été de croire qu'elles resteraient toujours près de moi. Personne ne reste toujours près de soi. Personne. Et parfois malheureusement, quand elles s'en apercevront il sera trop tard. Parfois, oui, tu seras choisi mais jamais pour longtemps, jamais pour tout le temps. Parce que le temps on n'en a pas: et qu'il  y a tant de mieux qui se promènent autour ...

     

    La vie est difficile.

     

    J'ai vidé un peu mon sac à dos trop lourd. En fait, j’apprends à essayer de ne garder que du bon et du nécessaire. J'ai appris cela en faisant le ménage de mon armoire à tupperware. Faudrait tous faire le ménage de notre armoire à tupperware....Le bon couvercle avec le bon plat. Le plat pas de couvert et qui n'est semblable à aucun autre? Poubelle (récup bien sûr) . Faire le tri . Assis par terre, tout vidé devant soi: pour tout voir : les mettre les uns sur les autres après avoir mis le couvercle. Un plat un couvercle et on garde. Le nombre... Juste assez. Cela fait de la place, cela déplace de l'air. Et quand on veut faire le ménage dans sa tête et son cœur...cela prend de l'air.

     

    Je refais souvent le ménage de mes armoires. Je n'aurai jamais autant donné, vendu, jeté que cette année. J'ai essayé plein de nouvelles affaires. J'en ai mangé de la poussière. De la poussière de peur .

     

    De peur de ne pas y arriver. De me faire dire , on a pas besoin de toi. On veut pas de toi . T'es pourri. Tu vaux rien pour nous. Et savez vous quoi? C'est arrivé. Des plus belles moches manières qui soient. Parce qu'encore une fois, j'avais gardé la même route, le même monde bouché, les mêmes gens mal intentionnés au départ, la même sincérité et la même candeur de croire que le monde est bon dans le fond. Et que quelqu'un va bien finir par voir la belle personne sincère que je suis. J'étais sincèrement dans l'erreur.

     

    J'ai juste oublié de me convaincre moi même. Parce que je garde encore en moi, tout le pas bon qu'on m'a mis dans le sac à dos.

     

    J'aurais aimé être très belle, je suis ordinaire. J'aurais voulu être mince mince toute mini parce qu 'il semble que c'est le top de la beauté: full erreur je ne le suis pas. J'aurais voulu avoir une voix extraordinaire pour chanter les plus belles musiques et faire frisonner les gens: je chante seulement dans ma voiture et c'est suffisant pour ne pas me faire haïr. Je voudrais bien en être à mon x livre édité: je ne serai jamais une poète connue. J'aurais aimé cela avoir un grand talent comme certaines personnes: j'en ai plusieurs , des tous petits mais mon plus grand c'était la débrouillardise. L'art de faire beaucoup avec peu.

     

    Pourquoi vouloir tout cela. « Pour qu'on m'aime.» « Pour qu'il m'aime.» Parce que parfois pour apprendre à s'aimer , faut d'abord qu'on l'ait été. Faut l'être. Cela arrive mais c'est parfois trop peu trop tard...On a comme quelque chose de cimenté en dedans.

     

    Depuis quelques temps j'ai remarqué que je semblais perdre la mémoire. J'oublie des stupidités du quotidien, si on me demande quelque chose en parlant fort , y a comme une brume qui se fait dans mon esprit et j'oublie tout. Je suis fatiguée du même chemin avec les mêmes résultats. Je suis fatiguée de la peur. De la peur de ne pas y arriver, de rester seule, de ne pas être appréciée là où je souhaiterais l'être. Cela me hante et m'empêche de dormir. Je vais retourner à mon armoire à Tupperware,je pense que je suis à découvert dans le cœur. J'ai les pieds dans les plats . Je dois faire encore le ménage.

     

     

    Je vais te remercier de me souhaiter une bonne journée.

     

     

     

    « NATURELEMENT

  • Commentaires

    2
    Samedi 12 Juillet à 13:50

    "Nous ne sommes plus seul quand par la magie des mots , nous réussissons  à toucher l'autre..

    1
    Jack...
    Samedi 12 Juillet à 05:01

    À la lecture de ce poème...je me suis senti triste au fond de mon coeur...triste à l'idée que tu l'étais aussi...alors je l'ai relu et je me suis dit...si elle peut écrire si bien...elle ne sera jamais seule...j'ai toujours pensé qu'écrire était un fabuleux exutoire...et tu le fais si bien Mali...tu as les bons mots...des mots qui touchent...des mots qui raisonnent comme dirais Céline...des mots qui restent...n'arrête jamais d'écrire...jamais...et nous n'arrêterons jamais de te lire...voilà je n'en dis pas plus...je t'embrasse tendrement...merci....................  



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