• L'ÉPICERIE

     

     

     

     L'ÉPICERIE

     

    Dans la grande surface la foule 

    Est préoccupée et compacte

    Chacun poussant son gros panier 

    Un client son cellulaire à la main

    -«C'est quoi déjà la marque » 

     

    Y s'en fou , any way  

    Semble dire son visage émacié 

    Quand un autre regard l'a croisé

     

       

    Elle, elle se promène  dans l'autre allée

     Où il y a une vieille femme qui hésite

    Entre le produit sans nom  

    Ou la marque de renom

    C'est  fantastique

     

    Elle compte ses sous dans sa tête 

    Elle, les baisers en réserve 

    Backorder pour aujourd'hui faudra oublier

    Ou prendre un coupon différé

     

    La vieille dame s'en est allée 

    Dans la prochaine rangée

    En se rappelant que petite 

    Elle pensait que Rabais  

    C'était une marque

    Puisque c'était que cela qu'on achetait

     

      

    Cela fait longtemps  

    Qu'elle compte ses sous 

    Elle, qu'en dedans elle

    Se rappelle tout

     

    Oups! excusez je bloque l'allée

    J'étais dans la lune, désolée 

    Il lui sourit un peu tristement

    -«Vous voudriez prendre un café»

       

    Mais c'était seulement dans sa tête

    Faut pas charrier 

    Il est déjà parti  

    Dans un des rayons de son esprit

    Juste en face

    Du rayon à illusions

     

      

    Il lui semble qu'il lui ressemble

    Où a t elle la tête 

    Son regard s'est embué

    Tout s'est assombrit  

    Elle a changé de rangée

     

    Au rayon déconfitures 

    Mélasse pour les jours durs

    Fraises pour le déjeuner

    Et mal à l'aise

    Au rayon des essuie-tout 

    Deux épaisseurs de solitude 

    Pour du temps mou

     

    Elle en a plein dans sa réserve  

    Pour plusieurs années 

    Elle était déjà si seule

    Même avant qu'il parte 

     

    Dans le détour

    Elle a trouvé son pain

    Quotidien 

    .99 sous chez Wall Mart

    Elle le mettra dix minutes 

    Au four  

    Son cœur dérape

    Devant le café

     

    La vielle a sorti sa carte de crédit

    Elle , elle a remballé sa vie 

     Son chariot est devenu calèche 

    Elle est devenue princesse  

    Une princesse esseulée

    Aux habits à petits prix

      

    La roue de son chariot 

    A débarqué

    Sur le bitume cabossé

    Pas de prince charmant 

    Dans les magasins à rayons 

    Des super marchés

    Juste des amours

    Hors de prix  

    Où l'on va que pour regarder

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    4
    Mardi 30 Septembre 2014 à 18:34

     Hé ben...salut Michel...

    3
    Mardi 30 Septembre 2014 à 16:19
    saxobenevole

    On en croise du beau monde


    Au pays où sont les " blondes "


    Pas celles qui sont sans cervelles


    Qui pourtant sont parfois belles


    Mais  Blonde comme dans la chanson


    Sur un air de mirliton


    Au temps de Napoléon


    Près de la quelle il fait bon !


    Bisous

    2
    Samedi 20 Septembre 2014 à 14:16

    Un commentaire tout en poésie ... :-)

    1
    Vendredi 19 Septembre 2014 à 15:06

    Rêveries et quotidien de tout un chacun ! On navigue d'un chariot à l'autre avec tendresse.... très musical ! Les phrases se déroulent en couches superposées.... comme le rouleau de sopalin éponge les blessures....
    Amitiés



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